Archive pour le 26 mai, 2011

La conscription

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(ci-dessus document original)

Le 5 septembre 1798 sous le Directoire Jean Baptiste Jourdan fait voter une loi qui institue la conscription et le service militaire obligatoire pour tous.

Article premier de la loi :

« Tout Français est soldat et se doit à la défense de la Patrie ».

Le 27 juillet 1872 est votée la Loi Cissey et sous la pression d’Adolphe Thiers le service actif devient plus complet avec possibilité de formation civique et de brassage social. Mais la réalité économique ne permet pas d’intégrer tous les jeunes de 20 ans d’une même classe, le ministre de la guerre va donc limiter le nombre sous les drapeaux par un système de tirage au sort soit d’1 an, soit de 5 ans.

En 1889 la Loi Freycinet réduit la durée du service à 3 ans et restreint les possibilités de dispense, les jeunes issus des grandes écoles et les séminaristes ne doivent effectuer qu’un an.

Le 21 mars 1905 la Loi  Berteaux instaure un service personnel (sans remplacement possible), universel (sans dispense), et obligatoire (pas de tirage au sort) pour une durée de 2 ans. Cette loi instaure la notion d’armée nationale où le citoyen a des droits mais aussi des devoirs. Le service militaire a un rôle d’intégrateur national. La caserne permet l’initiation aux progrès techniques, l’uniformisation des modes de vie, de l’habillement, de l’alimentation et du langage. La mise en place d’une armée de masse transforme la caserne en une école avec salle de lecture, enseignements divers et salle de récréation.

Le 7 aout 1913 sous l’influence de la politique allemande, la loi porte la durée du service à 3 ans augmentant le nombre de conscrit sous les drapeaux de 259 930 en 1906 à 760 000 en 1914.

 Suite à la loi de 1905 Lucien sera militaire de 1906 à 1908 sous le matricule 199 929.

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De 13 à 20 ans

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(ci-dessus document original)

En France ,en 1840 il existe 130 000 enfants de moins de 13 ans dans les ateliers de moins de 10 employés .

Le premier texte de loi qui régit le travail des enfants est publié  le 21 Mars 1841, il porte l’âge minimum de travail à 8 ans, limite le travail de nuit et la scolarité des enfants est obligatoire jusqu’à 12 ans.

La scolarité jusqu’à 12 ans ne sera réellement appliqué qu’à partir de 1880- 1881par Jules Ferry qui rendra l’école gratuite pour tous.

 Il faudra attendre le 19 mai 1874 pour qu’une loi sur le travail des enfants et des filles mineures de l’industrie limite le travail avant 12 ans. Le travail de nuit, les dimanches et jours fériés sera prohibé avant l’âge de 16 ans.

 En 1893, la France va limiter à 10 heures par jour la durée maximale de travail pour les enfants de plus de 13 ans et à 60 heures par semaine pour les enfants entre 16 et 18 ans.

 Ce n’est que courant XXeme siècle que l’âge minimum du travail sera de 16 ans.

 A partir de 13 ans Lucien va donc travailler. Il sera placé dans différentes familles jusqu’en mars 1905. Des gages lui seront versés chaque année dont une partie sera versée à la Caisse d’Epargne.

Par exemple : en 1901 à l’âge de 16 ans il reçut 100 francs de gages et 50 francs furent plaçés à la Caisse d’Epargne.

Les patrons avaient certaines obligations :

Ils ne devaient pas occuper l’élève à des travaux au-dessus de ses forces,surveiller constamment sa conduite et ses moeurs;
Ils devaient le traiter avec bonté et douceur, sans jamais lui infliger aucune punition corporelle, ou privation de nourriture;
Ils devaient faire toutes les démarches nécessaires pour le retrouver, dans le cas où il s’évaderait, et donner dans les vingt-quatre heures connaissance de l’évasion au Maire de la commune et au Directeur …

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12 ans

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Les causes principales d’abandon des enfants à l’époque sont principalement la pauvreté et l’illégitimité de la naissance. Tous les enfants privés de famille avant l’âge de 12 ans deviennent pupilles de l’Etat.

Le séjour moyen d’un enfant à l’hospice des Enfants Trouvés à Paris, qui deviendra ensuite l’Hôpital de Saint Vincent de Paul, est en moyenne de 72 heures.

Durant cette période beaucoup d’enfants meurent victimes de maladie telle que la scarlatine, la rougeole ou la diphtérie. Du fait de l’hygiène déplorable dans cet établissement, ils sont envoyés rapidement auprès de nourrices, recrutées en fonction « de leurs bonnes moeurs » et de leur capacité d’allaitement.

Ces placements sont souvent pour les familles d’accueil un bon moyen de reçevoir une pension.

Ce n’est qu’une opération financière dans laquelle le bien être de l’enfant n’a aucune place.

Dés que les orphelins atteignent leur 12ème année, les versements des pensions sont arrêtés.

Les familles ont des obligations envers les enfants.

« Les Nourriciers s’engagent :
A avoir un lit pour coucher l’enfant seul
A lui donner une instruction convenable en l’envoyant assidûment à l’école communale jusqu’à l’école de 13 ans révolus.
A pourvoir à tous les besoins de l’élève et même à son entretien de linge et de vêtements sans exiger d’autres vêtures que celles fournies par l’Administration.
A tenir toujours l’enfant proprement soit en état de santé, soit en état de maladie… »

« Les mois de pension sont payés conformément au tarif adopté par l’autorité supérieure ainsi :

à partir de la 4ème année jusqu’à la 13ème année :

13 francs »

La famille reçut pour le premier trimestre 1895 de pension de Lucien la somme de 45 francs soit 39 francs de pensions et 6 francs d’indemnités pour la délivrance de vêtures.

La vêture de Lucien fournie à ses 10 ans par l’Administration :

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(ci-dessus document original)

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L’assistance publique

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L’abandon d’enfant est, sous l’Ancien Régime comme après le Révolution Française, extrêmement fréquent : environ 1 enfant pour 158 naissances. Aucune loi au 18ème siècle ne protège l’enfant. Il faut attendre le 27 juin 1793 sous la Convention pour qu’une première loi protège les enfants mais aussi les mères seules.

« …Il sera pourvu par la nation au frais de gésine de la mère et à tous ses besoins pendant la durée de ses couches. Le secret le plus inviolable sera conservé sur tout ce qui la concerne … »

 A partir du 27 novembre 1795 les enfants seront pris en charge :

« …Les nouveux-nés seront gratuitement accueillis dans les hospices civils de la République … »

 » …La Nation se charge désormais de l’éducation physique et morale des enfants connus sous le terme d’enfants abandonnés … »

 A partir du mai 1796 on légalise le fait de faire élever par des nourrices des petits orphelins.

C’est en février 1805 que l’Assistance Publique commence à prendre forme.

 Au début du 19ème siècle l’Etat confie à l’Assistance Publique le service des enfants assistés. La charité, jusque là religieuse, devient laïque. Le Directeur de l’administration hospitalière devient le tuteur des enfants assistés du département de la Seine.

Le service ne se contente pas d’accueillir les enfants, il gère aussi les agences et les centres nourriciers à la campagne.

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Dernière page

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 (dessin original de Lucien)

Voilà … Il fallait bien que cela arrive un jour. Nous avons eu hier les derniers mots du récit de Lucien.

Mais n’ayez pas peur, je vais continuer à vous conter sa vie, ses joies, ses peines, son travail, ses rencontres, son époque grâce aux documents qui ont été retrouvés dans le grenier de cette maison quadricentenaire de Normandie.

Quand a-t’il quitté l’Algerie ? Comment est-il arrivé à Paris ? La seule certitude est la date de son inscription à l’assistance publique de Paris le 17 mai 1894.

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33 Les femmes

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« …Les négresses ce sont de jolie femmes avec leur enfant sur le dos qui sont maintenu par un grand manteau et souvent ont les rencontre portant les cruches avec quoi il vont chercher l’eau il porte tous sur la tête et sans rien tenir… »

Extrait du récit de voyage de Lucien 8 ans en 1893

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32 Sidi-bel-Abbès

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« … Un jour le Noviciat fit faire une excursion à leurs collégiens ils nous emmenèrent avec eux , ont été dans les deux cents personnes qui prirent le train à la gare d’Alger pour se rendre à Sidi-bel-Abbés ou l’on descendit du train vers midi. Sidi-bel-Abbès et une petite bourgade ou il y a une garnison de Spays à cheval et une compagnie de Zouave. La petite ville et très pittoresque. Ont parti en promenade au travers de la campagne quel sale pays  plein de bruyère haute , des personnes, des routes presque impraticable ou l’ont fit la rencocntre de plusieurs nègres et nègresses… »

 Extrait du récit de voyage de Lucien 8 ans en 1893

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31 Alger

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« … Enfin la deuxième journée au soir on arrive au port d’Alger, une fois debarquer on fut remis au Consul de France à Alger qui nous fit conduire au noviciat de la ville ou l’on passa quatre mois chez les frères arabes. La ville d’Alger est une belle ville algérienne où l’on voit plusieurs espèces de maison, il y en a qui son couverte en terre vouter comme des fours ces maisons ne sont ni en carré ni en rectangle, il sont toute ronde. Les arabes sont habiller en grandes robes depuis la tête jusqu’au pied . Sur la tête il ont une espèce de bonnet qui leur cache presque toute la tête et le figure , ont leur voit que les yeux le nez et la bouche …

 Extrait du récit de voyage de Lucien 8 ans en 1893

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Hivers 1892-1894

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D’après la météorologie nationale sur 136 ans, de 1874 à 2010, 46 hivers entrent dans la catégorie des hivers extrêmement rigoureux (hivers dont la température minimale descend en dessous de moins 9) dont les hivers 1892 à 1894.

Au XXème siècle le plus connu fut l’hiver 1953 1954, hiver durant lequel l’Abbé Pierre lança son fameux appel sur les postes radio pour venir en aide aux plus démunis.

Durant les hivers de 1892 à 1894 , à Paris il y eut pendant 17 jours des températures inférieures à – 10 avec un minimum absolu de – 15 le 7 février.

Toutes les rivières de l’Est de la France ont gelé, la Seine fut prise elle aussi courant janvier 1894.

Dans certaines régions de la Haute-Marne les sols furent gelés sur des profondeurs de 90cm et courant février 1894 le sol de la banlieue de Paris fut gelé sur une profondeur de 60 cm.

Dans la région de Montpellier de nombreuses vignes eurent leurs souches fendues par le gel.

 Quelques records négatifs :

- 43 au sommet du Mont Blanc

- 18 à Blois

- 19 à Bourges

- 25 à Lyon

- 26 à Chaumont

- 17 à Dignes

- 35 au Pic du Midi

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hiver_rigoureux_en_France_métropolitaine

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30 Le froid

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« … On n’était pas trop remis du voyage qu’un ordre de Paris arriver fallait nous faire prendre le premier bateau qui se trouver soit à passager soit à marchandises fallait repartir le plus vite  pour se rendre  à Alger pour fuirent la rigueur de l’hiver. L’on fut embarquer sur un bateau de marchandises, fallait passer la nuit à dormir sur le pont contre les toiles goudronner qui couvrer les marchandises. Pendant les deux nuits qu’on passa sur ce bateau les nuits étaient beaucoup fraiches avec un vent froid qui nous geler . C’est jour là l’on etait pas coucher en première classe quant le froid nous prener on se lever et on se promener sur le pont . Mais quand on rencontrer des matelots il nous laissait pas tranquilles fallait retourner ce coucher pour ne pas les gener… »

 Extrait du récit de voyage de Lucien 8 ans en 1893

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